Adaptative learning : de quoi s’agit-il ?

Les récentes études sur la formation en entreprise révèlent que l’une des principales attentes des professionnels de la formation et des apprenants concerne la personnalisation de l’apprentissage et l’adaptative learning.

L’adaptative learning n’est pas une notion nouvelle. Dès 2013, l’apprentissage adaptatif investit le monde de l’éducation notamment à travers le développement de didacticiels adaptatifs financés par The Gates Foundation.

Depuis, l’adaptative learning a fait irruption dans le secteur de la formation professionnelle pour proposer aux collaborateurs des entreprises des parcours de formation personnalisés.

Qu’est-ce que l’adaptative learning  ?

La définition est élémentaire : l’adaptative learning ou apprentissage adaptatif désigne une formation qui s’adapte à l’apprenant.

Une formation «  classique  » propose à l’apprenant de consulter un contenu, une vidéo ou une information, puis un test de connaissance. Selon le résultat du test, l’apprenant sera invité à poursuivre le parcours ou revoir l’information pour répondre à nouveau.

Dans ce cas, tous les apprenants vivent la même expérience, ils visionnent la même vidéo et répondent aux mêmes questions dans le même ordre.

L’adaptative learning propose une approche différente. Les apprenants engagés dans une formation adaptative peuvent tous commencer avec la même vidéo ou le même contenu, mais selon leurs réponses au test, il leur sera proposé un contenu et des questions différentes.

Par exemple, si l’apprenant n’indique pas la bonne réponse à la première question, le module lui proposera un contenu plus élémentaire pour lui permettre de renforcer cette notion, et l’ensemble du parcours de formation sera automatiquement adapté. A contrario, si l’apprenant passe le test haut la main, un contenu plus avancé lui sera proposé.

A quoi ressemble l’adaptative learning  ?

Dans la plupart des cas, développer un parcours adaptative learning consiste à créer un contenu ramifié – dans le LMS – conçut comme un arbre de décision et qui aboutit à la conception de différentes scénarii.

Ainsi, un parcours adaptative learning conduit chaque apprenant à explorer le contenu pédagogique différemment, en fonction des interactions proposées tout au long du parcours (test, consultation de contenu complémentaire, choix…).

Les apprenants peuvent «  sauter  » le contenu traitant de ce qu’ils maîtrisent déjà, parcourir des contenus en priorité et d’autres dans un second temps, selon leurs besoins et leur actualité professionnelle. En résumé, un parcours adaptative learning bien conçu propose à l’apprenant l’information lorsqu’il en a besoin.

Jusqu’à encore récemment le parcours adaptative learning se programmait uniquement dans le LMS. Aujourd’hui, l’adaptative learning intègre de plus en plus les technologies d’Intelligence Artificielle, de Big Data et de Machine Learning pour réaliser une analyse prédictive du comportement de l’apprenant au sein même du module. Ainsi le module devient capable de calculer si l’apprenant maîtrise ou non les différents contenus présentés pour lui offrir une structure de formation et des contenus adaptés aux besoins, au niveau et à leur rythme d’apprentissage. Le module devient alors individuel et ultra personnalisé.

Les chatbots peuvent aussi constituer des supports d’adaptative learning en répondant à des questions spécifiques de l’apprenant, en détaillant une notion choisie par l’apprenant ou en rappelant à un apprenant de mettre en application ce qu’il a appris précédemment… La capacité d’un chatbot à répondre aux besoins spécifiques d’un apprenant en fait une sorte de «  robot tuteur  ».

Pourquoi ne pas s’en tenir à suivre un parcours de formation «  traditionnel  » à son propre rythme  ?

Chaque apprenant est différent. Au sein d’une même entreprise, les collaborateurs sont issus d’horizons très différents (expériences, cursus, cultures…) et doivent bien souvent assimiler les mêmes connaissances ou acquérir les mêmes compétences. L’adaptative learning fournit une approche pédagogique pertinente et très efficace.

L’adaptative learning augmente significativement la mémorisation.

En associant, études statistiques des comportements des utilisateurs et sciences cognitives, les algorithmes de l’adaptative learning rendent l’apprentissage et la mémorisation plus faciles pour chaque apprenants.

En effet, de nombreuses études sur les neurosciences démontrent que tout le monde n’apprend pas de la même manière. Ainsi, la personnalisation du contenu et du parcours à chaque participants permet de dispenser les formations selon les modalités selon les prédispositions décelées au fur et à mesure de la formation.

L’adaptative learning favorise la motivation des apprenants

Les parcours d’adaptative learning favorisent l’assiduité des apprenants en offrant la possibilité de proposer les leviers de motivation et de fidélisation les plus efficaces pour le participant. En outre, les solutions d’adaptative learning permettent de notifier un formateur pour aider un apprenant en difficulté malgré les différents scénario proposés.

Un parcours linéaire reste une stratégie performante et particulièrement indiquée, par exemple, pour des formations sur la conformité ou sur des notions réglementaires qui doivent être suivis par tous les membres d’un service, d’une équipe ou d’une organisation.

L’adaptative learning permet d’apporter au collaborateur les contenus de formation dont il a besoin, au moment où il en a besoin et de la façon la plus efficace pour lui.

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8 tendances du digital learning pour 2018

Les tendances 2018 que les pro du digital learning doivent suivrent.

Ces dernières années, l’adoption du Digital Learning n’a cessé de croître à travers le monde. Avec l’évolution des technologies et le développement de nouveaux devices, l’approche et le mode d’adoption du digital learning évoluent tout aussi rapidement. Prévoir les tendances du digital learning n’est pas une mince affaire. Certains modes de formation font parler d’eux depuis des années, mais tardent à émerger réellement, d’autres n’ont été qu’un feu de paille et laissent leur place à d’autres tendances.

Malgré la difficulté et le coté aléatoire de l’exercice, l’équipe de LALAMEDIA s’est prêtée au jeu. Voici les 8 tendances du digital learning qui devraient se développer ou s’imposer en 2018.

 

1. Réalité virtuelle et réalité augmentée

La réalité virtuelle et la réalité augmentée sont couramment utilisées dans le cadre d’une expérience de jeux.

Cela fait déjà quelques mois qu’elles ont investis le champs de la formation notamment parce qu’elles offrent des opportunités passionnantes d’exploration de l’apprentissage immersif.

Leur application à la formation gagne en maturité. Et il semble aujourd’hui évident que ces 2 technologies seront utilisées pour former à la réalisation de tâches à haut risque ou pour des procédures complexes.

La réalité augmentée, quant à elle, s’inscrit assez bien dans des situations de formation Juste à Temps. Par exemple, dans le cas où un apprenant souhaiterait en savoir plus sur une machine, une technologie ou un lieu, le pointage sur un objet ou le scan d’un QR Code lui permettrait d’obtenir des informations complémentaires à son sujet, l’explication d’un fonctionnement…

Même si la réalité virtuelle et la réalité augmentée se cantonne à des domaines d’application précis, la baisse des prix des lunettes et casques devraient faciliter et encourager les organisations à expérimenter ces technologies pour des besoins de formation.

2. Chatbots et assistants intelligents

La popularité de Siri ou de Cortanan confirme que les assistants vocaux intelligents ont été adoptés et ont trouvé leurs aficionados. Il est encore trop tôt pour dire comment les assistants vocaux intelligents ou les chatbots compatibles avec Machine Learning seront programmés ; l’intelligence artificielle faisant elle-même ses premiers tours de piste.

Cela dit, il nous semble que les organisations chercheront à développer des prototypes de chatbots pour des sujets spécifiques, comme la sécurité de l’information ou la protection des données, la conformité, etc. Ils seront certainement implémentés comme une application de recherche intelligente.

Ces applications intelligentes aideront les apprenants à se perfectionner au fur et à mesure et à améliorer leur connaissance au moment où ils en auront besoin.

Ces chatbots ou assistants intelligent gagneront probablement en popularité au fur et à mesure de leurs implémentations. Encore émergeante, c’est selon nous, une tendance du digital learning à surveiller en 2018 et les années à venir.

3. Gamification And Game-Based Learning

Dans la continuité de 2017, la gamification reste une tendance forte pour 2018. Il est maintenant bien établi que l’apprentissage par le jeu donne de très bons résultats. En 2018, le digital learning continuera à s’appuyer sur des leviers ludiques parce qu’ils permettent d’obtenir l’engagement de l’apprenant et de retenir son attention. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le jeu augmente le « sérieux » chez l’apprenant, car il « s’engage » complètement dans le jeu. Les sujets les plus rébarbatifs pour les apprenants (législation, conformité, procédures…) peuvent facilement être gamifiés pour les rendre plus engageants et donner envie aux apprenants de s’investir plus volontiers et plus franchement dans sa formation.

4. Les approches personnalisées.

Le digital learning adaptatif ou personnalisé consiste à proposer des parcours spécifiques à l’apprenant ou à des groupes d’apprenants. Il s’agit de proposer des formations ciblées et parfaitement adaptées aux besoins et aux attentes de l’apprenant.

Basé sur des pré-tests qui permettent d’évaluer les connaissances et les compétences de l’apprenant, cette approche personnalisée permet de ne proposer que les modules et les ressources dont les apprenants ont besoin pour progresser.

Cibler mieux les attentes de chacun permet finalement de produire moins de modules, et de proposer du digital learning plus pertinent. L’engagement des apprenants et l’efficacité pédagogique n’en sera que meilleur.

En proposant des tests régulièrement à vos collaborateurs et grâce à votre LMS, vous affinerez en permanence les besoins de chacun et proposerez des parcours de formation complétement personnalisés.

Le digital learning adaptatif est une tendance forte pour 2018 et les années à venir notamment parce qu’il s’apparente réellement aux habitudes actuelles de consommation des contenus digitaux.

5. Microlearning

Le microlearning fait déjà parler de lui depuis de nombreuses années parce que cette modalité offre des caractéristiques intéressantes pour proposer des formations très ciblées avec une approche chirurgicale.

Le microlearning présente des avantages spécifiques appréciés des digital learning managers : déploiement agile, apprentissage rapide et permanent grâce à des actualisation régulières, une productivité accrue et un suivi facile.

Le microlearning a souvent été associé à de courtes vidéos, mais en fait les supports possibles sont bien plus variés : vidéo interactive, jeu court, quizz, infographie interactive… Peu importe le format, tant qu’il est court et conçu comme du nugget learning.

Le microlearning est particuliérement performant lorsqu’il est associé à des objectifs pédagogiques spécifiques et précis. Donc, il est à proscrire pour former à des procédures complexes ou des techniques de résolution de problèmes ou de design thinking. Mais s’avère particulièrement adapté dans des configurations de formations Juste-à-temps et apporter une réponse précise à un besoin immédiat de l’apprenant. Envisageable sur n’importe quel type de matériel, le microlearning est toutefois particulièrement adapté à une utilisation sur Smartphone.

6. La curation de contenu

La curation de contenu est une tendance récente qui devrait gagner en attractivité en 2018. Déjà très utilisée par le marketing, la curation de contenu offre des opportunités intéressantes pour la formation. En proposant une source de contenu d’apprentissage alternative et fiable, la curation de contenu appliquée à la formation s’inscrit parfaitement dans une démarche de Juste-à-temps, dans des cas de formation à des réglementations standard ou en complément de modules sur-mesure.

D’un point de vue pratique, il existe de nombreuses applications Open Source qui permettent d’organiser l’information et les bibliothèques de contenu peuvent être paramétrées et perfectionnées pour offrir une expérience utilisateur très riche.

7. Vidéos interactives

La popularité des didacticiels et autres tuto sur Youtube ne cesse de croitre. Les digital learning managers s’en inspire pour réaliser des vidéos de formation en entreprise et les partager en interne. De la simple capture vidéo de son écran à l’intégration d’interactivités ou de quiz, le recourt à la vidéo en digital learning assure l’implication des collaborateurs dans le processus d’apprentisage. Conforme aux usages personnels des apprenants, la vidéo interactive comme support de formation a de beaux jours devant elle, en particulier si les bibliothèques de vidéos sont régulièrement enrichies et mises à jour.

8. Social Learning

Le social learning, tout le monde en parle depuis des années, mais son adoption par les organisations peine à venir. L’efficacité de l’apprentissage collaboratif, et du partage de connaissances entre pairs n’est plus à démontrer. Toutefois, pour développer le social learning dans une organisation, la mise en place d’un environnement collaboratif ne suffit pas. Comme installer Yammer ou Worksplace ne suffit pas à rendre son entreprise collaborative, la mise en place d’un LMS permettant le social learning ne garantit pas son adoption. La notion de communauté est essentielle. Communauté d’apprenants ou d’experts, elles sont toutes les deux nécessaires à la réussite du déploiement du social learning dans l’entreprise. Comme le community manager du service marketing construit, anime et fidélise sa communauté sur Twitter ou Facebook, le community learning manager joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre du social learning.

Ces notions de communautés pour la formation sont de plus en plus utilisées et revendiquées, et c’est de bon augure pour le développement du social learning.

 

Cet article regroupe un certain nombre de tendances du digital learning que nous avons relevées au fur et à mesure de nos projets et que nous avons pu observer lors de notre passage à Learning Technologies 2018 la semaine dernière. Qu’en pensez-vous ? Partagez-vous notre avis ? N’hésitez pas à commenter cet article pour nous faire part de vos pronostics pour 2018.

 

 

 

La réalité virtuelle en digital learning

La réalité virtuelle est un environnement 360° avec lequel l’utilisateur peut interagir. Elle se démocratise depuis quelques année grâce à l’émergence de dispositifs grands publics (Cardboard de Google, caméra 360°, Gear VR de Samsung…). Le monde de la formation n’a pas été insensible à cette évolution technologique et de nombreuses expériences ont aujourd’hui dépassé le cap du prototype.

En quoi la réalité virtuelle apporte-t-elle une véritable plus-value pédagogique au digital learning ?

Les plus sceptiques n’y voient qu’un effet de mode, qui repose plus sur l’effet « wahou » que sur un véritable renouveau pédagogique. Les plus convaincus évoquent au contraire une émotion marquante, une immersion inédite et une expérience durable…

Pour plonger dans ce nouvel univers et anticiper la révolution pédagogique qu’on nous annonce, rien de tel qu’une expérience concrète de production d’un dispositif de réalité virtuelle ! LALAMEDIA et 4 étudiantes de l’université Grenoble – Alpes en master « Didactique des Langues et Ingénierie Pédagogique nuMérique » (DILIPEM) se sont associés pour tester, concevoir et produire leur dispositif de formation en immersion.

Un projet d’étude de réalité virtuelle en digital learning

LALAMEDIA et l’équipe DILIPEM ont imaginé et scénarisé le projet SPEAK.E. Un dispositif de formation en blended learning pour l’acquisition de compétences linguistiques professionnelles. Ce parcours pédagogique s’appuie sur des épisodes en immersion à 360°.

Production et diffusion

La captation se fait à 360° avec le matériel adéquat. La diffusion est faite soit à travers un casque de réalité virtuelle, soit sur un écran.

Côté technique, quels technologies et matériels mettre en œuvre pour un dispositif à 360° en immersion ?

Après un benchmark des solutions existantes, l’équipe DILIPEM a choisi une solution légère et souple composée de Storyline, Sphere, et une caméra Ricoh Theta S.

Sphere est un logiciel de scénarisation virtuelle : c’est le Storyline de la réalité virtuelle, qui permet de créer un parcours au moyen de déclencheurs, d’embranchements ou d’événements conditionnels. Sphere permet d’intégrer du contenu interactif (images, vidéos, modèle 3D, textes, etc.).

Les outils grands public Facebook et YouTube qui, même s’ils permettent de publier des vidéos en 360°, ont été écartés car ils ne répondaient pas à un cahier des charges professionnel.

La conception pour la réalité virtuelle

Une telle expérience d’apprentissage est efficace si l’environnement virtuel dans lequel l’apprenant évolue est complètement ouvert.

La vision à 360° confronte le concepteur pédagogique à une situation paradoxale : concevoir un scénario balisé et intuitif capable de capter l’attention et de guider l’apprenant.

« Comment attirer l’attention du spectateur dans un environnement à 360° ?  » est devenu une des questions majeures qui mobilise les professionnels de la Réalité Virtuelle. C’est LA question à laquelle il faut répondre dès la phase de conception d’un dispositif de réalité virtuelle en digital learning.

Le tournage en 360°

En 360° tout se voit ! Le défi est donc de garder le matériel et l’équipe hors champ. L’éclairage est également primordial (faible sensibilité des caméras 360°)  et doit naturellement faire partie de la scène. Sur le tournage, ni mandarine, ni réflecteur.

Autre particularité, les plans-séquences sont plus longs que lors d’un tournage « classique ». L’intérêt de la Réalité Virtuelle étant de permettre au spectateur de visiter son environnement, chaque séquence doit être assez longue pour permettre l’exploration.

Le retour d’expérience LALAMEDIA / DILIPEM

Le ressort de l’émotion est indubitablement un élément catalyseur de l’apprentissage, c’est le point fort de la réalité virtuelle.

La conception pédagogique et la réalisation d’un dispositif en réalité virtuelle s’envisage avec la même méthodologie que pour des modules de digital learning classiques. Les particularités pédagogiques et techniques s’estompent très rapidement après quelques réalisations.

La question de l’efficacité de la réalité virtuelle se place plus sur le plan de sa pertinence vs. l’objectif d’apprentissage (cf. taxonomie de Bloom)

  • Dans un objectif d’ « application », la réalité virtuelle est certainement un des outils les plus adaptés.
  • Pour les niveaux d’apprentissage « compréhension » et « analyse », la réalité virtuelle reste efficace mais pas n’apporte de valeur ajoutée particulière.
  • En revanche, pour des objectifs de « connaissance », de « synthèse » et d’ « évaluation », la réalité virtuelle n’est pas adaptée et il sera préférable de recourir à d’autres modalités de formation.

Reste que l’effet « wahou » et l’émotion provoquée par la réalité virtuelle peuvent être un méta-objectif recherché dans le cadre d’un dispostif de formation.

Quelques visuels du projet Speak-e : apprentissage de l’anglais professionnel en digital learning en mode réalité virtuelle 

Retour sur Elearning Expo : marché et tendances du digital learning

Vous n’êtes pas sans le savoir, mais fin mars a eu lieu le salon Elearning Expo.
Ma visite m’a inspiré quelques constatations et réflexions sur le marché et les tendances du Digital Learning que je vous livre ici.

Digital learning : croissance du marché et maturité des technologies

La presse s’en fait l’écho et je l’ai constaté ; les services RH ont gagné en maturité digitale :  digitalisation des processus, des relations collaborateurs et évidemment des supports de formation.

La presse nous annonce qu’au plan mondial, la croissance du marché du elearning et du digital learning sera de 20 % . En France, certains signaux annoncent que le marché va décoller à court terme.

Pourquoi maintenant ?

J’y vois deux catalyseurs : maturité technique et millenials.

La maturité technique est là. Les outils auteurs sont stables (Storyline, Articulate, Lectora), le HTML5 a définitivement chassé les formats Flash et installé le responsive design. Tous les devices sont devenus des supports de formation. Les apprenants y ont gagné une liberté d’usage qui confère une vraie valeur ajoutée aux dispositifs pédagogiques.

En parallèle de ces progrès techniques, les apprenants ont définitivement adopté – où sont nés avec – les outils du digital learning. D’abord parce que les millenials ont intégré les entreprises et apporté avec eux leurs pratiques digitales. Et que sans surprise, le digital learning leur apparaît comme une approche évidente (la seule ?) pour se former en entreprise.

Conséquence – confirmée au détour de conversations sur le salon – des postes de Digital Learning Manager ou de Chef de Projet Elearning font leur apparition dans les organigrammes. Signe que les entreprises et les responsables de formation réservent au digital learning une place centrale dans leur offre de formation. Et même constat au quotidien, la discussion ne porte plus sur l’efficacité des outils digitaux mais sur l’orchestration du dispositif.

 

Le digital (enfin) au service de la pédagogie

les tendances du digital learning : le digital au service de la pédagogie

Et au final ? Ces évolutions nous permettent aujourd’hui de nous concentrer sur la conception du bon mix outils, de pratiques pédagogiques et de dispositifs impliquants pour mettre enfin le digital au service de la pédagogie.

Cette tendance se confirme avec le nombre croissant de SPOC / COOC (souvent appelés à mauvais escient « MOOC ») qui offrent aux apprenants une flexibilité de formation réellement centrée sur leurs besoins et leurs usages.

Exploiter les micro-moments de l’apprenant, s’adapter à son rythme, répondre précisément à ses attentes et ses besoins de formation, c’est évidemment renforcer son intérêt et sa motivation. Conséquence directe : l’efficacité pédagogique est bien meilleure.

En cela, il faut saluer les évolutions des LMS comme « Syfadis Learning » de Futurskill, qui offrent aujourd’hui la possibilité d’analyser finement les acquis de chaque utilisateur et de générer un parcours personnalisé.

En parallèle, le digital se met au service du présentiel. Des outils comme Klaxoon permettent d’animer une formation présentielle, de capter et maintenir l’attention du participant, de favoriser l’interaction et la collaboration au sein d’un groupe. Là aussi, la formation gagne en efficacité, la mémorisation est meilleure, l’expérience est plus riche.

Ils deviennent incontournables…

les tendances du digital learning : les dispositifs incontournables

Impactants, implicants et performants, voici les contenus incontournables à intégrer à son portefolio d’activités pédagogiques en 2017

Le micro-learning

Parce qu’il correspond parfaitement aux usages des digital natives, le micro-learning émerge et gagne ses lettres de noblesse. En proposant un contenu court et très ciblé qui va à l’essentiel, le micro-learning permet à l’apprenant de répondre à une question au moment où il a besoin de l’information. Il s’appuie sur des supports très variés (PDF, vidéos, courts modules) qui permettent de fournir l’information de la manière la plus adaptée.

Le mobile learning

Toujours dans la poche, connecté non-stop, interactif, le smartphone est un support de formation redoutablement efficace. Il répond aux attentes de formation on the job, qui, à l’instar du micro-learning, s’appuie sur l’efficacité et la disponibilité instantanée et permanente du contenu.

Le vidéo learning

La vidéo pédagogique est un des outils les plus efficace pour capter l’attention de l’apprenant. Elle s’est imposée dans le digital learning : tutoriels, explications d’experts, démonstrations. Les usages du vidéo learning sont très divers. Une de ses qualités, à mon sens, encore sous exploitée, est sa capacité à créer de l’émotion. Mais dans tous les cas, elle donne une dimension plus humaine au sujet et renforce l’impact des messages. La vidéo pédagogique a encore de beaux jours devant elle ! 

Le social learning

Le cas du social learning est à part. Largement annoncé comme l’avenir de la formation en entreprise par la presse, les blogs et les cabinets de conseil, le social learning tarde pourtant à s’installer dans les entreprises (Qui connaît Workplace by Facebook ?). Les raisons ? Probablement la faute aux organisations encore très pyramidales des entreprises qui fait craindre aux collaborateurs l’œil inquisiteur de la hiérarchie sur sa participation aux échanges de la plateforme.

Comme pour l’implantation des réseaux sociaux d’entreprise, le manque de ressources alloués à l’animation et la modération d’une plateforme de social learning est certainement un autre frein à la réussite de ce type d’approche. Prometteur et séduisant sur le plan théorique, le social learning doit encore faire ses preuves dans la vraie vie. A suivre donc…

Faire du waouh utile !

C’est une certitude, les attentes de demain sont centrées sur l’optimisation des dispositifs et notre créativité à proposer des dispositifs de formation innovants centrés sur les apprenants.

Alors, en synthèse, je retiens une formule d’une de mes interlocutrices – et cela résume bien mon sentiment :

« Allez-y ! Lâchez-vous ! Faites-nous du waouh utile ! »

Appuyons-nous sur cette maturité technique et cette appétence des apprenants pour consolider nos offres et les enrichir de nouveautés !

Qu’en pensez-vous ?