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Les nouveaux média comme les vidéos Youtube ou les Podcasts sont aujourd’hui des incontournables de nos environnements digitaux personnels et professionnels. Leur production est accessible à des prix abordables et pour une qualité professionnelle. Mais quels en sont les usages dans une formation digitale ?

Afin d’aborder les différents enjeux qui entourent ce thème, Christophe Laplace, Co-fondateur de LALAMEDIA était l’un des 4 invités du débat du 18 juin 2021, organisé à l’occasion de l’événement Les Genius du digital Learning. Cette table ronde a abordé quatre thèmes :

  1. Quels sont les formats et les usages possibles ?
  2. Les avantages du live
  3. La place de l’audio, voix, podcast, … en formation
  4. La vidéo pour s’entraîner et s’évaluer : entretien, vente, argumentation…

Quels sont les formats et les usages possibles (de la vidéo) ?

La vidéo propose de nombreux formats :

  • La vidéo filmée. Souvent réalisée avec un présentateur face caméra qui déroule sa présentation powerpoint derrière lui, ce format est également tout à fait approprié pour filmer et former aux gestes métiers (notamment dans le secteur industriel). Enfin, il permet de présenter des situations réelles ou des contre-exemples par exemple dans une formation soft skills.
  • La capture écran de logiciel, qui doit être réfléchie dans son intégration à la formation, tout comme une vidéo scénarisée.
  • Le motion design : « dessin animé explicatif », le motion design permet de présenter une notion complexe.
  • Les vidéos de type « draw my life » : elles sont particulièrement pertinentes pour expliquer un processus ou un concept un peu abstrait.
  • La vidéo interactive : de plus en plus utilisées en formation, elle permet de rendre l’apprenant acteur de son visionnage.

L’usage de la vidéo n’est limité que par la créativité des agences et des organismes de formation. Mais en définitive, l’utilisation de la vidéo doit permettre de renforcer l’expérience apprenant. Séquencer et/ou scénariser la vidéo pédagogique permet de rendre son contenu plus digeste, de l’adapter à l’audience et au contexte dans lequel l’apprenant se trouvera pour la visionner.

En résumé, la vidéo est un support de formation efficace à condition qu’elle s’inscrive dans une réflexion pédagogique qui va permettre de construire un parcours interactif avec l’apprenant.

Produire des contenus vidéos nécessite du matériel, des outils et des compétences spécifiques, toutefois plusieurs options sont possibles :

  • Créer la vidéo soi-même : peu couteuse, cette option permet de créer facilement du contenu de formation, mais attention à la qualité du rendu selon le matériel dont vous disposez et de votre savoir-faire en matière de prise de vue et de montage.
  • Utiliser des outils « NSN » (no skills needed) : ces outils offrent des solutions intuitives pour créer et monter vos vidéos. Payantes, ces applications exigent de respecter un cadre et des modèles précis.
  • Externaliser à une agence  : outre la qualité du rendu, externaliser la production vidéo à une agence vous assure la maîtrise des délais, et une grande liberté dans le brief pour des budgets qui peuvent être très raisonnables.

Les avantages du live

Le live est un format efficace et flexible : il permet de s’affranchir des contraintes géographiques et logistiques, et simplifie la gestion d’une audience de masse. L’apprenant a la possibilité de suivre le live d’où il le souhaite et peut également bénéficier d’une rediffusion pour le visionner en différé. La vidéo live offre aussi des possibilités d’échanges et de partages via un chat ou des sondages en ligne. Enfin c’est un format économique, car il demande moins de logistique et généralement moins de temps aux apprenants et aux formateurs.

Un live réussi repose à la fois sur des choix techniques (plateforme, matériel), des actions de communication efficaces pour rassembler et fédérer les participants, une animation dynamique et interactive et une préparation minutieuse de l’événement.

En effet, la préparation représente 80 % d’un live : recherche du lieu de tournage, sélection et brief des intervenants, rédaction du script, maîtrise du prompteur, de la plateforme…  Chaque détail compte pour que le jour J l’événement tienne ses promesses.

La place de l’audio, de la voix, du podcast en formation

L’audio est un usage en pleine expansion dans nos vies quotidiennes. En France, d’octobre à décembre 2020, on constate une augmentation de 40 % du nombre de nouveaux auditeurs de podcasts. Même si les confinements ont servi d’accélérateur, cette tendance était déjà en hausse depuis quelques années. En effet, 83 % des français déclarent vouloir apprendre sans être devant un écran (source : Institut CSA, novembre 2020).

Qu’il soit consommé seul ou au cours d’une formation blended, l’audio a une vraie place en Digital Learning. Utilisé seul, le podcast permet de répondre aux enjeux d’acculturation, d’inspiration ou de sensibilisation de vos apprenants. Mais c’est en blended learning que le podcast prend tout son sens, consommé en nuggets, pour lancer une thématique, en complément d’un contenu vidéo ou pour illustrer un cas concret.

La première motivation d’un auditeur de podcast est d’apprendre quelque chose de nouveau  ; il se place donc naturellement dans la position d’un apprenant, rendant le podcast quasiment évident dans un parcours de formation :

  • Dans un format expérientiel : l’apprenant est plongé dans une expérience auditive complète (voix, bruitage, musique…)
  • Dans un format éducatif : l’information est délivrée directement aux apprenants (durée de 5 à 15 minutes)
  • Dans un format interactif : en format d’interview, il propose un partage de connaissance et un retour d’expérience à l’apprenant.

Le podcast est donc un format accessible, engageant et inclusif. Facile à réaliser, car nécessitant peu de matériel (un micro et un système d’enregistrement), c’est également le média qui comprend le taux de complétion le plus important : 93 % des auditeurs qui commencent un podcast le consomment jusqu’au bout.

La vidéo pour s’entraîner et s’évaluer : entretien, vente, argumentation…

La vidéo est un outil malléable et adaptable, mais elle n’est pas une finalité. Une vidéo est efficace si et seulement si elle relève d’une réflexion pédagogique. Pour qu’une vidéo soit efficace en tant qu’outil de formation, la scénariser est indispensable. En partant d’une même vidéo et des mêmes briques de contenu, une organisation différente permettra d’atteindre des objectifs pédagogiques différents.

Par exemple, dans une formation initiale, la création d’une vente en pas à pas qui met en scène un acheteur et un vendeur en face à face permet de mettre en image la théorie et méthode de vente en situation.

Cette même vidéo découpée différemment peut être exploitée en formation continue pour évaluer l’apprenant avant de lui présenter « la bonne réponse ».

Donc à partir d’une même captation ou d’une même séance de tournage, il est possible de répondre à plusieurs objectifs, rendant le séquençage de la vidéo crucial.

Une vidéo se prépare, s’anticipe et se conçoit dans un dispositif de formation. La liaison entre les différentes activités pédagogiques est déterminante pour l’impact de la vidéo.

La vidéo constitue un excellent outil d’évaluation et permet de mettre l’apprenant en posture active.

En se filmant en situation, l’apprenant offre l’opportunité au formateur de lui apporter des conseils et des retours personnalisés directement applicables.

En conclusion, la vidéo, le podcast, le live sont des outils de formation extrêmement pertinents à partir du moment où il s’intègre dans un parcours et un déroulé pédagogique. La variété des formats, du storytelling, du ton, des interactions que permettent ces médias leur offrent un rôle clé pour de nombreuses situation de formation ; en évaluation, en entrainement, en formation théorique…  Et il est fort à parier que leur utilisation va s’intensifier dans les années à venir.

Vous vous interrogez sur les opportunités qu’offrent la vidéo ou les podcasts pour vos parcours de Digital Learning, n’hésitez pas à nous contacter pour envisager ensemble les formats les plus adéquats.

Pour voir le replay de cette table ronde : rdv ici

Avec la place grandissante des nouvelles technologies au sein de l’entreprise et les enjeux actuels du travail à distance, l’onboarding en entreprise pose quelques questions :

  1. Faut-il engager l’onboarding à distance dès la phase de recrutement ?
  2. En période de Covid, comment assurer l’intégration malgré la distance ?
  3. Quel système mettre en place pour impliquer tous les acteurs ?
  4. Comment infuser et diffuser la culture d’entreprise ?

Afin de répondre aux différents enjeux autour de ce thème, Christophe Laplace, Co-fondateur de LALAMEDIA était l’un des 4 invités du débat du 14 juin 2021, au cours de l’évènement Les Genius du Digital Learning

Engager l’onboarding à distance dès la phase de recrutement

Pourquoi élargir l’onboarding à l’ensemble des candidats, quand il est certain que tous ne seront pas retenus pour le poste ? Il existe 3 bénéfices à mettre en place l’onboarding (dans un format digital) dès la phase de recrutement :

  1. Améliorer votre marque employeur et attirer des talents
  2. Intégrer le recrutement dans un storytelling qui se poursuit une fois le contrat validé
  3. Digitaliser une partie du recrutement

Le but : montrer que votre entreprise innove grâce aux outils digitaux, et donner au candidat (idéal) un avant-goût de ce que son quotidien sera une fois dans l’entreprise. On peut par exemple proposer aux candidats des serious games ou d’autres activités digitales qui vont leur permettre de mieux se projeter dans leur futur poste, et arriver beaucoup plus sereins dans l’entreprise.

Cependant, si de nombreuses entreprises manquent encore de maturité digitale pour mettre en place l’onboarding à distance, la période actuelle est idéale pour vous amener à vous poser les bonnes questions et préparer votre transition digitale.

En période de Covid, comment assurer l’intégration malgré la distance ?

La forte augmentation du télétravail amène différents enjeux concernant l’intégration à distance :

  • La transmission des informations administratives et des outils
  • L’intégration dans une équipe qu’on rencontre peu
  • La culture d’entreprise

Il faut que les nouveaux arrivants puissent trouver les informations dont ils ont besoin, et que les outils mis en place permettent une communication fluide entre les collaborateurs. Mais la plus grande difficulté réside dans la disparition des temps informels.

Il est nécessaire de recréer des moments informels pour reformer ce lien entre les collaborateurs. On peut mettre en place des séminaires ou des workshops, mais il est difficile de garder le côté spontané. Charge à chacun dans l’entreprise et au service RH, de créer ces moments de convivialité.

La culture d’entreprise est également un gros sujet, lequel était déjà traité  en digital par les producteurs de formation avant le Covid. Comme il est assez abstrait, il est important de le transmettre de manière concrète aux collaborateurs. Cela peut se faire par le biais d’une formation en e-learning, dans laquelle sont expliqués les comportements attendus par l’entreprise et en quoi ils sont alignés avec ses valeurs.

Cette intégration passe nécessairement par des outils digitaux. Les collaborateurs n’étant pas égaux face à l’accès et l’utilisation des plateformes numériques, il est essentiel que l’entreprise en tienne compte pour les accompagner et faciliter leur onboarding.

Cependant, le succès quasi-universel de plateformes comme Netflix, fait évoluer cette fracture digitale qui réside aujourd’hui plutôt dans la différence entre ce que peut offrir l’entreprise et nos habitudes digitales.

Quel système mettre en place pour impliquer tous les acteurs ?

En règle générale, l’onboarding des collaborateurs est un exercice dense. Beaucoup d’entreprises proposent un programme chargé sur une semaine, de 08h à 19h30. Il faut jongler entre le mot du président, la stratégie, l’histoire de l’entreprise, rencontrer ses collègues, prendre son poste…

Et dommage ; l’exercice est souvent chronophage, solitaire, et n’est pas souvent bien maîtrisé par l’entreprise. Résultat : un turnover assez élevé même sur des collaborateurs nouveaux dans l’entreprise qui est la conséquence d’un onboarding mal conçu qui se résume souvent à un livret d’accueil digitalisé.

Pourtant, l’onboarding peut se transformer en une expérience sociale très riche et engageante. Par exemple :

  • Donner au nouvel arrivant un accès à la plateforme sociale interne de l’entreprise dès le pré-boarding, pour lui permettre de s’imprégner de la culture d’entreprise
  • Proposer un jeu de piste le jour de l’arrivée pour aider le collaborateur à découvrir l’entreprise, le site et rencontrer ses nouveaux collègues (en scannant des QR codes cachés un peu partout)
  • Diffuser tout au long du premier mois les connaissances clés sous la forme de capsules et de live learning avec son équipe
  • Associer dans la même communauté d’apprentissage un nouvel arrivant et une personne en évolution de poste.

Pour engager l’ensemble de l’entreprise à créer du contenu pour faciliter cet onboarding, ou participer de manière active aux différentes démarches, il peut être nécessaire de mettre en place un système de récompense et de les accompagner.

Comment infuser et diffuser la culture d’entreprise ?

Il faut distinguer dans la culture d’entreprise au moment de l’onboarding ce qui est diffusé et ce qui est infusé :

  • On diffuse ce qui est formel : l’histoire de l’entreprise, les valeurs…
  • On infuse tout ce qui est informel comme les pratiques de l’entreprise

Vous ne pouvez pas tout apprendre via une vidéo, tout comme vous ne pouvez pas tout apprendre via des exercices pratiques. Il est donc nécessaire de mélanger formel et informel, et présentiel et digital : bref, proposer une approche phygital

En utilisant les différentes démarches présentées précédemment pour aller à la rencontre des autres et de l’information, cela fonctionne très bien. Cependant pour mettre en place cette approche phygitale, il convient de se poser quelques questions préalables :

  • Est-ce que les collaborateurs en phase d’onboarding constituent un public homogène ?
  • Est-ce que le cœur de l’activité de l’entreprise permet ce type d’approche ?
  • Avec quelle récurrence peut-on mettre en place ces démarches ?
  • Quelle est l’implication des personnes en interne ?

La mise en place des outils va également forcer une réflexion au sein de l’entreprise. Si on peut tous être d’accord sur une valeur de l’entreprise, fixer concrètement ce qu’elle veut dire au quotidien peut être plus difficile. Les valeurs qu’on transmet au moment de l’onboarding (et dans les formations de l’entreprise), doivent pouvoir se retrouver au quotidien.

Le mot de la fin

Pour réussir votre onboarding (qu’il soit en présentiel, en digital ou en phygital), une des premières recommandations est d’étaler l’onboarding dans le temps.

Il est également important de ne pas démultiplier les outils digitaux : fixez-vous sur un seul outil qui servira de fil rouge tout au long de l’onboarding. Mais n’hésitez pas à démultiplier les situations de vie qui s’appuient sur l’utilisation de l’outil. Cela permettra d’offrir l’expérience utilisateur la plus confortable et la plus agréable possible.

Enfin, n’hésitez pas à donner la parole, quelques semaines après l’onboarding, aux personnes qui ont accueilli et aux nouveaux arrivants. Non seulement vous aurez des retours pour améliorer votre processus d’onboarding, mais vous créerez également un moment d’échange supplémentaire.

Vous souhaitez développer une approche d’onboarding digitale ou phygitale pour votre entreprise, n’hésitez pas à nous contacter pour développer ensemble le processus le plus adapté.

Pour voir le replay de cette table ronde : rdv ici